À propos d’Yves Salesse

Raoul Marc Jennar apporte des précisions à son appel
Publié le vendredi  22 septembre 2006
Mis à jour le dimanche  12 novembre 2006
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Mosset, 20 septembre 2006

À propos d’Yves Salesse

J’ai reçu beaucoup de réponses à mon message appelant, après d’autres, Yves Salesse à « mettre sa candidature dans le débat », pour utiliser une expression désormais consacrée. Les réactions, dans leur très grande majorité, sont positives. Certaines sont même enthousiastes. Quelques-unes appellent, bien naturellement, des compléments d’information.

« C’est un énarque » m’écrit quelqu’un. C’est vrai. Mais, c’est loin d’être un énarque classique. Ce fils d’instituteurs de province a vécu au SMIC jusqu’à son entrée à l’ENA à 41 ans. Il a été longtemps militant syndical, notamment secrétaire adjoint du syndicat CGT de la gare du Nord (Paris), pendant une dizaine d’années. Il était aussi délégué des personnels contractuels, c’est-à-dire les personnels les plus vulnérables, majoritairement des femmes immigrées. Tout cela l’a marqué et il porte une expérience personnelle concrète de la vie difficile, de la situation des précaires et des immigrés. Son syndicalisme l’a mené sur la voie du licenciement et c’est alors qu’il a passé le concours de l’ENA (3e voie) et fait des études d’économie.

Il est « sans expérience politique » écrit un autre correspondant. Aujourd’hui, Yves n’appartient à aucun parti. Ce n’est pas un professionnel de la politique. Mais il a été longtemps l’un des responsables de la LCR. De 1997 à 1999, il a travaillé au cabinet de J.-C. Gayssot (Transports), chargé des affaires européennes et internationales. Il a mis fin à cette expérience, en 1999, en désaccord avec l’orientation du gouvernement Jospin. Il en a tiré les leçons dans un livre : « Réformes et révolution : propositions pour une gauche de gauche » (Agone, 2001). Cela fait quand même une sérieuse expérience politique et une forte capacité à prendre du recul en restant fidèle à ses convictions et engagements.

« Un conseiller d’Etat, ce n’est pas une bonne image pour les milieux populaires » écrit un autre interlocuteur. Je pense le contraire. Parce que dans nos milieux modestes, on apprécie que l’un d’entre nous fasse des études, réussisse et ne trahisse pas son engagement passé. Parce que nous avons besoin de gens qui ont l’expérience de la « machine » et apportent le crédit de l’expertise officielle. J’ajoute que son statut conforte l’idée que nous ne présentons pas une candidature de témoignage. Il est important qu’on puisse dire de notre candidate ou candidat, même si nous relativisons sa place et insistons sur le caractère collectif de notre campagne, qu’il serait capable d’être Président de la République.

« Il n’est connu que des militants du 29 mai » écrit-on. J’ai répondu par avance à cette objection. En plus, ce n’est pas tout à fait vrai : Yves était connu, avant la campagne du « Non », dans des milieux très divers, par ses livres et ses travaux. La place qu’il a occupée dans la campagne l’a fait connaître bien au delà des cercles militants. Il a tenu de très nombreuses réunions publiques, écrit des tribunes qui ont touché un vaste public et suscité le débat (Pervenche Berès l’avait pris à partie dans Le Monde, Pisani-Ferry dans Libération). Bien des gens se souviennent de ses passages à la radio ou à la télé, notamment face à Moscovici, De Villiers ou Hollande.

Enfin, un correspondant craint qu’il ne « passe pas bien » chez les communistes. Je me souviens qu’en 2004, lorsque l’exécutif du PC a proposé à ses fédérations que des non-membres du parti soient têtes de liste aux élections européennes dans trois circonscriptions, Yves a été le seul à être accepté (pour la région grand S-E). C’est lui qui a refusé alors. Parce qu’une seule tête de liste non-PC représentait une ouverture insuffisante et qu’accepter aurait été se désolidariser des autres candidats non-PC pressentis. Cela n’a pas empêché Yves de soutenir la liste d’ouverture du PC dans la région Ile-de-France et de co-présider le comité de soutien à cette liste.

Autres précisions : Yves s’est mis en congé de la co-présidence de la Fondation Copernic depuis plusieurs mois pour mener la bataille pour la candidature unitaire. Sa fonction au Conseil d’État ne lui interdit nullement d’être candidat à une élection.

Yves a aussi pour lui son travail approfondi sur une série de sujets clés pour les campagnes de 2007 : les services publics, l’État et la démocratie, l’Europe, les rapports avec le Sud. Il faut ajouter sa participation aux différents lieux d’élaboration de nos propositions, notamment les groupes Copernic et, maintenant, le groupe projet. Outre le livre déjà cité, je mentionnerai, parmi d’autres, le « Manifeste pour une autre Europe » (Editions du Félin, 2004).

Telles sont à mes yeux des raisons supplémentaires à celles avancées dans mon message du 12 septembre pour soutenir une candidature qui a maintenant été formellement soumise au Collectif national.

Raoul Marc JENNAR
Militant du 29 mai


Commentaires

vendredi 22 septembre 2006 à 22h15

( …) On se souvient qu’un oeuf lancé par un petit groupe de provocateurs, en présence de quelques caméras, avait aussitôt été interprété comme une manifestation d’hostilité des communistes à l’encontre de l’ancien Premier ministre. Rien de tel cette année, où le candidat à la candidature socialiste s’est promené dans les allées de la fête sans rencontrer d’hostilité. En revanche, c’est une véritable bronca qui a accueilli Anne Leclerc, membre dirigeante de la LCR, quand celle-ci est venue expliquer, à la tribune du débat organisé par le collectif d’initiative unitaire national, le refus persistant de son organisation de rejoindre le rassemblement antilibéral qui se dessine en vue de présenter des candidatures communes aux élections présidentielle et législatives de 2007.

Interrompue aux cris d’« unité, unité », elle a eu toutes les peines du monde à expliquer pourquoi la LCR refusait l’accord politique adopté, le 10 septembre, lors de la rencontre nationale des collectifs unitaires, à Saint-Denis (Politis, n° 917). Devant le stand de la LCR, où des militants distribuaient une lettre ouverte aux militants et aux sympathisants du PCF, Alain Krivine a dû aussi mouiller sa chemise pour répondre aux critiques incessantes de militants déçus du cavalier seul de la Ligue. Samedi après-midi, face à des communistes landais qui lui reprochent de dire « on ne peut pas gagner » alors que le 29 mai a montré que c’était possible, le fondateur de la LCR explique : « Il ne faut pas avoir d’illusion. La gauche anticapitaliste n’est pas majoritaire. SI LE "NON" A ETE MAJORITAIRE, C’EST GRACE AU VOTE FASCISTE. »


Ils avaient raison !
http://multitudes.samizdat.net/Appel-pour-un-oui-d-espoir-et-de.html

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