Lettre de la société des rédacteurs et du personnel de Politis aux adhérents d’Attac

Publié le samedi  30 septembre 2006

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Paris, le samedi 30 septembre 2006

La société des rédacteurs et le personnel de Politis ont décidé de s’adresser aux adhérents d’Attac pour porter à leur connaissance la manière dont le directeur général de notre hebdomadaire, Jean-Pierre Beauvais, par ailleurs un des responsables d’Attac, se comporte au sein de l’entreprise qu’il est censé gérer.

Censé, en effet, car il y a des mois que nous ne le voyons plus dans nos murs (hormis quelques rares apparitions furtives, de préférence en dehors des heures de travail de l’équipe pour ne pas avoir à rencontrer quiconque, ce qui, malheureusement pour lui, n’est pas toujours le cas). Jean-Pierre Beauvais se consacre à plein temps à la direction d’Attac alors qu’il est salarié de Politis.

Comme vous le savez peut-être, Politis est en redressement judiciaire depuis le 8 août, à la suite d’une déclaration de cessation des paiements.

Trois mois auparavant, les salariés de Politis avaient voté à la quasi-unanimité une motion de défiance à l’égard de Jean-Pierre Beauvais tant la gestion du journal leur paraissait pour le moins obscure et désinvolte, gestion sur laquelle il n’a jamais communiqué qu’avec parcimonie, retardant en particulier à loisir l’élection de délégués du personnel, ce qui montre son attachement réel aux règles de la démocratie interne dans l’entreprise et au droit du travail.

Dans cette motion de défiance, nous relevions notamment que Politis ne bénéficie pas des tarifs postaux préférentiels de la presse - ce qui correspond à un surcoût de 6 000 euros par mois - pour l’unique raison que Jean-Pierre Beauvais a négligé de constituer le dossier donnant accès à ces tarifs. Ce manque à gagner correspond à la moitié des pertes actuelles de Politis.

Cet exemple, emblématique, aurait pu être complété par d’autres. Ainsi, au début de novembre 2004, la rédaction d’un numéro avait été conçue et préparée pour soutenir un mailing promotionnel. Le mailing n’est parti que fin janvier, c’est-à-dire trois mois plus tard. Total des pertes de l’opération : 44 000 euros.

La déclaration de cessation des paiements sanctionne donc avant tout une piètre gestion. Mais il y a plus. Lors de la clôture des comptes 2005, le commissaire aux comptes a émis très officiellement des réserves. En clair, cela signifie qu’un certain nombre de dépenses - 30 000 euros pour être précis - ne pouvaient être alors justifiées par Jean-Pierre Beauvais. Aujourd’hui encore, le mystère plane sur la destination d’un certain nombre de retraits d’argent, effectués notamment avec la carte bleue du journal, avant la date du 8 août 2006. Une carte bleue que Jean-Pierre Beauvais a récupéré alors qu’elle lui avait été retirée par décision du comité de prospective de Politis.

Comme si tout cela ne suffisait pas, Jean-Pierre Beauvais continue à faire preuve de son mépris le plus profond pour les salariés de Politis. Non seulement il rechigne à fournir des documents indispensables à la constitution du dossier destiné au Garp, organisme chargé de payer les salaires de juillet non versés en raison de la déclaration de cessation des paiements. Mais Jean-Pierre Beauvais a également tardé à donner l’ordre de virement des salaires du mois de septembre, qui, ce samedi 30 septembre, n’est toujours pas effectué.

Cette attitude, que nous ne pensions relever que des pires aficionados du Medef, va entraîner un retard de paiement pour ce mois écoulé, d’autant plus insupportable qu’il s’ajoute au non-paiement des salaires de juillet et leur hypothétique versement par le dispositif du Garp qui dépend de la bonne volonté de Jean-Pierre Beauvais d’envoyer les documents sollicités par cet organisme.

Force est de constater que nous sommes là aux antipodes des idéaux de justice sociale portés par Attac. Il y a parfois loin entre les discours et les actes. Voilà pourquoi nous voulions attirer votre attention sur quelques comportements de notre directeur général, qui est aussi l’un de vos responsables. Une responsabilité que, comble d’ironie, il occupe au nom de Politis sans jamais procéder à l’ombre d’une consultation.

Avec notre très cordiale salutation,

La société des rédacteurs de Politis Le personnel de Politis


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