La liste des fondateurs est nécessaire à la légitimité du CA d’ATTAC

par Pierre Khalfa
Publié le mardi  28 novembre 2006
Mis à jour le mercredi  29 novembre 2006
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Dimanche 26 novembre 2006

Une campagne sans précédent se déroule aujourd’hui contre le collège des fondateurs. Menée par la direction sortante et la liste "Avenir d’Attac", qui utilise sans vergogne le fichier des adhérents pour ce faire, cette campagne est relayée par des militants qui ont rompu, suite à la fraude avec ce noyau, mais qui continuent à voir dans les fondateurs la source de tous les maux d’Attac.
Les mêmes accusations reviennent sans cesse malgré les réponses qui y sont faites. Ainsi un militant connu ose écrire, dans un de ces derniers courriers, que les fondateurs s’étaient opposés à la consultation des adhérents sur le TCE, alors même que cette consultation fut votée à l’unanimité par le CA, actifs et fondateurs et, ma modestie eut-elle à en souffrir, je me vois obligé de signaler que j’ai été le premier à le proposer en réunion de Bureau. Au-delà de cet aspect factuel, ce court texte vise à essayer de faire le point sur les termes du débat en reprenant sous formes de questions ce qui a été écrit par ailleurs.

Pierre Khalfa

Pourquoi des organisations sont-elles membres d’Attac ?
L’objectif est de faire d’Attac un lieu de dynamique altermondialiste, un lieu de convergences entre des organisations certes, mais pas seulement, un lieu de convergences durables qui regroupe des individus, des groupes de militants, des chercheurs… C’est pour cela que des organisations très diverses par leur terrain d’intervention, leur culture politique et leur orientation, mais d’accord pour lutter ensemble contre la mondialisation néolibérale, ont participé à la création d’Attac.
Cette perspective correspond, dans la période actuelle, à la nécessité de construire le rapport de forces le plus large possible contre la mondialisation néolibérale qui pousse les tendances du capitalisme au maximum. Face à cette dynamique, les anciennes postures politiques ont échoué à s’opposer et à proposer des alternatives. La perspective de construction de convergences s’oppose à l’idée de faire d’Attac un outil pour peser sur la recomposition du champ politique à gauche. Mais, encore plus fondamentalement, elle seule peut permettre de dégager les pistes d’action commune - sans préjudice des divergences qui demeurent -, pour organiser la résistance et la contre-offensive, et permettre ainsi à Attac d’être en position charnière au cœur du mouvement altermondialiste.
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Tous les fondateurs ont-ils participé à la création d’Attac ?

Non certains ont été intégrés par la suite. C’est le cas des Pénélopes, d’ESCOOP, et de l’UFAL qui ont été intégrés au collège des fondateurs à la demande de Bernard Cassen et qui mènent aujourd’hui une campagne contre le collège. Sur le fond, le fait que la composition du collège ne soit pas fermée n’est pas, en soi, un problème. Cela peut permettre d’intégrer à Attac de nouveaux mouvements ayant décidé de s’engager dans notre association. L’important est que soit conservée la diversité actuelle du Collège des fondateurs. Le fait que les statuts actuels prévoient que toute intégration doit se faire avec l’approbation des 2/3 des fondateurs en est une garantie : des fondateurs divers au départ peuvent s’opposer à une tentative d’OPA quelconque et les élargissements intervenus témoignent que cette diversité a été maintenue. On peut y rajouter que, dans le futur, toute intégration nouvelle devrait faire l’objet d’une consultation des adhérents, ce qui donnerait une garantie supplémentaire. Dans le même état d’esprit, changer, dans le futur, le nom du collège pourra être opportun.
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Quel rôle pour les fondateurs au Conseil d’administration ?

Les organisations fondatrices n’ont pas besoin d’Attac pour se rencontrer ou définir des convergences et passer des accords entre elles. Des réunions unitaires et des actions communes ont eu lieu avant l’existence d’Attac. Le problème n’est pas de faire en sorte que les organisations fondatrices construisent « entre elles » des convergences dans une sorte de réserve à côté de l’activité réelle d’Attac comme le proposent certains. Le problème n’est donc absolument pas que les organisations fondatrices se mettent d’accord « entre elles » sur des orientations qu’elles les proposeraient ensuite aux adhérents. Il est de construire tous ensemble, avec les adhérents, mais aussi avec les comités locaux en tant que collectifs militants, avec le Conseil scientifique et les commissions en tant que collectifs de réflexion, ces orientations.
Il s’agit donc d’une co-construction. Que cela soit difficile, c’est évident, mais c’est le pari d’Attac. C’est dans ce cadre que la présence des fondateurs au CA est utile car c’est le lieu, ou plutôt un des lieux, dans lequel ce travail de co-construction se fait. Une des possibles futures réformes des statuts serait d’ailleurs de modifier la composition du CA pour que l’ensemble des composantes y soit présent et pas seulement les représentants des adhérents individuels et du collège des fondateurs.
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Les fondateurs ont-ils mis Attac sous tutelle ?

l n’y a pas un seul exemple où les organisations fondatrices ont exercé une « tutelle » au CA. Il n’y a aucun exemple de proposition venant des seuls « actifs » que des fondateurs aient bloquée. Les débats n’ont jamais opposé fondateurs d’un côté et actifs de l’autre. Ils ont été transversaux et lorsqu’il y a eu des votes, ceux-ci ont partagé les fondateurs et les actifs.
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Les fondateurs empêchent-ils Attac d’avoir son projet propre ?

Les fondateurs sont présents au CA depuis la naissance de l’association, ils y étaient même statutairement majoritaires. Et pourtant loin d’avoir été empêchée de se développer, c’est dans cette période qu’Attac a acquis la surface politique que nous lui connaissons et s’est le plus développée. Plus globalement, quel est ce fameux « projet propre » d’Attac que les fondateurs empêcheraient de développer ? Nous ne le saurons jamais, car ceux qui critiquent les fondateurs n’en disent pas un mot et n’en ont jamais dit un mot.
Dans sa déclaration de candidature, la liste présentée par le collège des fondateurs indique qu’Attac développe « un projet original d’association d’éducation populaire tournée vers l’action (…), autour de trois axes : déconstruire l’idéologie néolibérale ; se doter d’outils permettant l’élaboration d’alternatives ; contribuer à construire les rapports de forces pour imposer des orientations nouvelles en termes sociaux, écologiques et démocratiques ». Les opposants aux fondateurs sont-ils en désaccord avec ce projet ? Veulent-ils en développer un autre ?
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Les fondateurs veulent-ils réduire Attac à un simple lieu de convergences ?

La déclaration des fondateurs dit exactement le contraire. « Attac est une construction originale. C’est une association d’adhérents individuels dont une partie est regroupée au sein de plus de 200 comités locaux, souvent eux-mêmes constitués en associations ; ils agissent au contact des citoyens, au plus près du terrain. C’est également un Conseil scientifique dont les analyses et les travaux ont, dès l’origine de l’association, permis d’acquérir légitimité et reconnaissance en matière de contre-expertise et de travailler à des éléments théoriques pour l’élaboration d’alternatives. C’est enfin une association faite d’organismes divers, les « membres fondateurs » - journaux, associations de développement, associations féministes, syndicats, mouvement des « sans », mouvements écologistes, de l’économie sociale et solidaire, etc. -, regroupés en collège, intervenant sur des terrains différents, mais d’accord pour agir ensemble face à la mondialisation néolibérale. »
Il s’agit donc d’un mauvais procès. Mais si la grande majorité des fondateurs a mis l’accent sur la nécessité de maintenir Attac comme un lieu de convergences, c’est que la direction passée de notre association n’a eu de cesse d’en finir avec cela et a voulu transformer la nature d’Attac. Il faut relire à ce propos le texte de Jacques Nikonoff « La crise d’Attac et les enjeux des assemblées générales des 17 et 18 juin 2006 » dans lequel il s’en prend explicitement au projet originel d’Attac et refuse la notion même de convergence accusée de porter en elle « la dilution » de notre association.
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Est-il légitime que les fondateurs désignent leurs candidats au Conseil d’administration ?

Attac est une association à plusieurs composantes. Le fonctionnement par collège implique que chaque collège puisse désigner ses propres représentants. C’est ce type de fonctionnement qui permet d’intégrer dans notre association d’autres organisations, de faire en sorte qu’Attac soit bien plus qu’une association composée uniquement d’adhérents individuels. Refuser que les fondateurs puissent désigner leurs candidats au CA, c’est changer radicalement la nature d’Attac, c’est la construction originelle d’Attac qui s’effondre. Proposer que les fondateurs ne puissent plus, de fait, désigner leurs candidats au CA c’est affaiblir considérablement l’intégration de ce collège dans l’association, c’est nier la raison d’être de ce collège et le potentiel considérable qu’il représente pour Attac. Faire choisir les candidats des fondateurs par les adhérents individuels, c’est de fait supprimer le Collège comme instance d’Attac.
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L’existence du collège remettrait-elle en cause la démocratie associative ?

Bien évidemment non. Les adhérents individuels élisent leurs représentants au CA, représentants qui devraient y être maintenant majoritaires avec 24 élus contre 18 aux fondateurs. Les adhérents individuels élisent aussi la liste présentée par le collège des fondateurs. _ C’est donc bien, in fine, les adhérents qui décident. Toutes les associations qui regroupent des adhérents individuels et des adhérents collectifs rencontrent ce problème. Attac tire son influence de ses propres adhérents mais aussi des adhérents de ses membres fondateurs.
Évidemment, il n’y a pas d’équivalence simple entre des adhérents directs et des adhérents indirects ; toutefois, les deux comptent. La formule des collèges est une réponse fréquente et souvent adaptée. Ce qui n’épuise pas la question du poids relatif des collèges et de son évolution.
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Quelle fonction pour le collège des fondateurs ?

L’existence du collège des fondateurs est justifiée par la diversité même de notre association. C’est parce qu’ils sont eux-mêmes très divers et dans l’obligation de gérer cette diversité que les fondateurs peuvent garantir la pluralité d’Attac et empêcher ainsi la mainmise d’une sensibilité politique sur notre association qui signifierait, de fait, la fin d’Attac. Garant de la diversité d’Attac, le collège des fondateurs l’est donc de son indépendance. En étant présents au CA et en désignant leurs candidats, les fondateurs jouent donc par là une fonction essentielle pour la vie d’Attac.
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