Les OGM et les abeilles

Publié le jeudi  19 avril 2007

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Une étude de 4 ans du Professeur Hans-Hinrich Kaatz, un zoologiste allemand respecté, fait apparaître que le gène étranger utilisé pour modifier les graines de colza s’est transféré dans une bactérie vivant dans les intestins des abeilles. La recherche, qui est déjà publiée et n’a pas été encore critiquée par des confrères, est hautement significative car elle suggère que tout type de bactérie pourrait être contaminé par des gènes utilisés dans les technologies de Modification Génétique, incluant celles qui vivent dans le système digestif humain.

Si cela arrivait, il pourrait y avoir des conséquences dans le rôle vital des bactéries qui aident le corps humain à combattre les maladies ou aident à la digestion, par exemple.

Le ministre britannique de l’Agriculture, Nick Brown qui, hier, annonçait aux fermiers qui avaient planté des graines d’oléagineux accidentellement contaminées par des OGM, l’arrachage de leur récolte, confirme la signification potentielle des recherches de Kaatz. Il a dit : "Si c’est vrai, alors ce sera très grave".

 
Ce Chercheur de 47 ans était réticent à parler de ses recherches jusqu’à ce qu’elles soient publiées dans une revue scientifique, parce qu’il redoutait un tollé de la part de la communauté scientifique similaire à celui qu’avait dû affronter le Dr. Arpad Pustzai qui affirmait que les pommes de terre génétiquement modifiées endommageaient la paroi stomacale des rats. Pustzai fut mis au placard et son travail discrédité. Mais dans sa première interview pour un journal, Kaatz déclara à l’Observer : "C’est vrai, j’ai trouvé des gènes herbicides résistant dans des semences transférées par les bactéries et la levure à l’intérieur des intestins de jeunes abeilles. Cela arrive rarement, mais c’est arrivé."

Quoique Kaatz réalise la signification potentielle de ses découvertes, il dit n’être pas surpris des résultats. Sur les implications sur la bactérie des intestins humains, il répond : "Peut-être, mais je ne suis pas expert en ce domaine". Le professeur MAE-WAN HO, généticienne à l’Open University et opposée à la technologie O.G.M., n’a aucun doute sur les dangers potentiels." Ces découvertes sont très inquiétantes et ont fourni la première preuve réelle à ce que beaucoup redoutaient" dit-elle. "Tout le monde est favorable à l’exploitation de cette technologie mais personne ne se penche sur le risque de transfert génétique horizontal. Nous sommes en train de jouer avec des structures qui ont des millions d’années et l’expérience n’est plus sous contrôle".

Une des plus grandes inquiétudes est que le gène résistant aux antibiotiques utilisé dans certaines semences O.G.M. puisse passer dans la bactérie. "Si cela arrive, cela nous laissera incapables de traiter des maladies majeures comme les méningites et les E. Coli"…

Kaatz, qui travaille au respectable Institut de Recherche sur les Abeilles de Iéna en Allemagne, a recouvert d’un filet un champ ensemencé par des graines génétiquement modifiées produites par AgrEvo. Il a laissé les abeilles voler librement dans la cage. Sur les ruches, il a installé des trappes pour récolter les grains de pollen sur les pattes postérieures des abeilles lorsqu’elles rentrent à la ruche. Ce pollen a nourri de jeunes abeilles en laboratoire. Le pollen est l’aliment naturel des jeunes abeilles qui ont besoin d’une nourriture hautement protéinée. Kaatz a alors extrait l’intestin des jeunes abeilles et a découvert que le gène avait été transféré dans les bactéries des entrailles.

Le Pr. Robert PICKART, Directeur Général de l’"Institute of the British Nutrition Foundation" est autant un biologiste qu’un expert en abeilles et a rencontré Kaatz sur son lieu de travail. Il dit : "Il ne fait aucun doute que si les recherches de Kaatz sont confirmées, cela pose des questions très intéressantes que nous devrons étudier de très près".

Première parution dans The Guardian (trad. P. Legraux).

Et sur le même sujet : propos d’un apiculteur de Sarlat, cueillis sur le blog à l’adresse ci-dessus.

Jeudi 22 Février 2007
O.G.M. et abeilles
Pourquoi O.G.M. et abeilles ne peuvent-ils faire bon ménage ?
 
 J’ai parlé des O.G.M. à travers plusieurs articles. Il faut quand même que j’explique pourquoi je pense qu’ils sont néfastes pour les abeilles.

-  Les deux grandes catégories d’O.G.M. utilisés dans le monde sont des plantes résistantes à un herbicide, et des plantes produisant un insecticide. Dans le cas des plantes résistantes à un herbicide, il s’agit d’un produit très puissant qui va pouvoir être utilisé massivement sur de grandes surfaces, et fréquemment. Outre le fait qu’il va s’infiltrer dans les nappes phréatiques et polluer les rivières et plans d’eau par le ruissellement des eaux de surface, il risque également d’être transporté dans la ruche par les abeilles porteuses d’eau qui vont souvent sur les plantes chercher les gouttes de rosée. L’eau est rapportée en effet à la colonie, comme le sont le nectar, le pollen et la propolis. Dans le cas des plantes produisant leur propre insecticide, il va de soi que les abeilles en seront un peu plus fragilisées. De plus cet insecticide sera peu contrôlé : aura-t-il besoin d’une autorisation de mise sur le marché alors qu’il sera produit par un végétal ?

-  Les produits de la ruche ont jusqu’à maintenant profité d’une image de produits naturels. Qu’en sera-t-il lorsque les O.G.M. seront suffisamment répandus sur le territoire pour éveiller la suspicion des consommateurs ? L’apiculteur devra-t-il fuir les O.G.M. ? Le pollen est présent en toute petite quantité dans le miel, les abeilles ne trieront pas entre le pollen de maïs O.G.M. et le pollen de maïs conventionnel. Elles butinent autour de la ruche dans un rayon de 3 kilomètres.

-  Qui garantira la qualité des produits de la ruche ? En d’autres termes, qui paiera les analyses pour prouver que les produits de la ruche sont exempts d’O.G.M. Pas l’agriculteur, pas le semencier qui sera dégagé de toutes responsabilité.

-  Les abeilles risquent de devenir le vecteur de transport du pollen O.G.M. vers les plantes autochtones. La distance ridicule prévue dans la loi votée au sénat à l’automne dernier (mais pas passée devant les députés) pour séparer les cultures O.G.M. des cultures traditionnelles ne suffira pas pour empêcher le vent de transporter le pollen. Que dire des abeilles ou des autres insectes pollinisateurs ? Les ruches deviendront un sujet de cauchemar pour les agriculteurs traditionnels ou pire encore pour l’agriculture biologique.

En conclusion, on peut se poser la question de l’avenir de l’apiculture dans un paysage rural parsemé de champs de plantes génétiquement modifiées. Faudra-t-il aux apiculteurs fuir les plantes O.G.M., se savoir responsables de la dissémination des transgènes, ou faire valoir son droit d’antériorité sur ces O.G.M. ?


http://jmn-apiculture.over-blog.com…

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