Chez les nôtres

Publié le lundi  15 février 2010
Mis à jour le mercredi  17 février 2010
par  Faugeron Daniel
popularité : 4%

Une pièce d’actualité immédiate, à voir tout à côté de Montreuil, puisqu’elle est jouée au Théâtre de l’Échangeur à Bagnolet.

CHEZ LES NÔTRES

12 AU 27 FÉVRIER
du lundi au samedi [20h30]
dimanche [17h]
relâches mardi et mercredi

Théâtre de l’Échangeur,
59, avenue du Général de Gaulle,
93170 Bagnolet.
Réservations au 01 43 62 71 20.
Reprise les 9, 10, 11, 14, 15 et 16 décembre au Forum du Blanc-Mesnil.

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La question « Que faire ? » est la question dont nous héritons. La question de l’agir, qui nous est donnée en héritage comme tentation du renoncement au politique, est aujourd’hui une question angoissante pour toute notre génération.
Le Moukden Théâtre


Lire la critique de L’Humanité

La critique de La Terrasse ci-dessous

Composant, à partir de différents matériaux dramaturgiques, un spectacle intelligent, drôle et impeccablement scénographié, la Compagnie Moukden-théâtre impose l’insolente évidence de son talent.

Toute époque trouve chez ses artistes et ses intellectuels les moyens de son élucidation mais rares sont ceux qui parviennent à créer les miroirs efficaces permettant une réflexion véritablement féconde. Notre société, qui a confisqué le spectaculaire au point de lénifier voire d’anesthésier créateurs et penseurs, survit dans la paix apparente qu’assurent les dispositifs d’arraisonnement et leur répression invisible : la scène n’offre qu’exceptionnellement l’occasion d’une véritable mise en question de l’aboulique aujourd’hui. Quelques miracles ont lieu néanmoins et le travail de la Compagnie Moukden-théâtre est de ceux qui en produisent. A cet égard, Chez les nôtres est un spectacle à voir d’urgence tant la pertinence des analyses politiques qu’il présente s’allie à une intelligence dramaturgique et scénographique rare. Il est de surcroît servi par une troupe de jeunes
comédiens éblouissants de justesse et d’aisance, de vérité et de précision. Ceux qui ne sont pas encore tout à fait morts de ne plus lutter dans ce « monde sans bataille » qu’est devenu le nôtre, trouveront dans ce spectacle roboratif et enthousiasmant de quoi soigner l’anorexie politique et artistique du moment.

Une insurrection esthétique et politique salvatrice et joyeuse

S’emparant de divers matériaux dramaturgiques pour interroger les moyens et le sens de l’action révolutionnaire, le Moukden-théâtre revisite la question Que faire ?, posée par Lénine en 1902, et organise, en un tuilage savant, les différentes réponses héritées du XXème siècle et que nos contemporains tâchent de reprendre ou d’effacer.
Cellule de la CGT, comité d’étudiants-chercheurs, journée de formation managériale : les avatars historiques de la réunion révolutionnaire dessinent leur spécificité, leur originalité et leur échec par le dialogue avec l’œuvre romanesque de Gorki, La Mère, qui décrit les étapes du prolétariat vers la conscience de classe et le renversement du pouvoir d’Etat à travers la figure de Pélagie Vlassova. A ces éléments, s’en ajoutent d’autres : souvenirs de syndicalistes retraités et d’une militante désabusée des années 70, textes du Comité Invisible.
L’ensemble compose un kaléidoscope d’impressions et de paroles auquel le dispositif scénique offre des fondements visuels d’une magistrale et économe limpidité. Entre le nouvel esprit décomplexé et régressif du capitalisme postmoderne, les difficultés à organiser l’action de ceux qu’elle tétanise, l’amertume et les désillusions, apparaissent la complexité et la difficulté de notre époque qui ne parvient pas à inventer le moyen critique de son propre dépassement. Dans un monde qui les dissout et les digère tous, ce spectacle est un véritable événement, jubilatoire, drôle, profond et pétillant : une grande bouffée d’intelligence et de talent dont la forme est à la hauteur d’exigence du fond qu’elle interroge.

Catherine Robert


Chez les nôtres est d’abord une collision entre deux matériaux et deux époques – le roman de Maxime Gorki au lendemain de la révolution ouvrière de 1905 et un théâtre documentaire sur notre monde contemporain (autour des entreprises et du management).
C’est autour de la question « Que faire ? » que s’organise cette rencontre paradoxale et anachronique. La lutte des classes, comme lecture de l’Histoire, permettait d’expliquer le monde selon une ligne simple qui séparait les opprimés des oppresseurs, et la réponse à la question « Que faire ? » était une réponse à cette aliénation.
Le monde clair de Gorki s’oppose à notre monde post-moderne pour lequel nous manquons encore d’une telle cartographie. Nous en chercherons les reflets – ou ce qu’il en reste - dans un monde qui se donne comme pacifié.
Metteur en Scène : OLIVIER COULON-JABLONKA

Nom CIE : LE MOUKDEN THEATRE

Matière textuelle :

  • D’après le roman de MAXIME GORKI La mère
  • Des paroles documentaires
  • Des textes du COMITÉ INVISIBLE

Conception : OLIVIER COULON-JABLONKA ET EVE GOLLAC

Comédiens : Julie Boris, Valentine Carette, Florent Cheippe, Jean-Marc Layer, Malvina Plegat, Guillaume Riant

Lumière : Anne Vaglio

Son : Répétiteur musical Vincent Farasse

Scénographie : Mathieu Dupuy et Céline Diez

Costume : Delphine Brouard

Production Moukden Théâtre, Théâtre L’ÉCHANGEUR-Cie Public Chéri Avec l’aide à la production de l’Adami | Avec le soutien du Forum de Blanc-Mesnil, du Périscope de Nîmes et de La Vignette de Montpelier | Photo Florent Cheippe |


Chez les nôtres

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