22 décembre 2006 : journée de mobilisation mondiale pour OAXACA

Publié le lundi  18 décembre 2006

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Le CA d’Attac-France, réuni le 16 décembre 2006 est solidaire de la résistance de l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca.

À Paris, manifestation
vendredi 22 décembre à 18 h 30.
Départ parvis Beaubourg

Au Mexique, la répression s’abat sur Oaxaca et sur l’Assemblée populaire des
peuples (APPO), qui rassemble des centaines d’organisations de différents
secteurs de la société de cet État.

Les paramilitaires au service du gouvernement local ont tiré sur des barricades
en faisant des morts. Le gouvernement fédéral a envoyé la PFP (police
militarisée) à Oaxaca. Elle est entrée dans la ville le 29 novembre et a occupé
le zócalo (la place centrale). Depuis, la PFP (police militarisée) a repris le
contrôle de l’université et contrôle désormais toute la ville.

Aujourd’hui, la PFP et l’AFI (le FBI local) sèment la peur dans la ville,
entrent illégalement dans les domiciles de personnes soupçonnées d’être des
dirigeants ou des sympathisants du mouvement, aidées en cela par des voisins
délateurs et soutenues et approuvées par des médias locaux et nationaux. On
compte aujourd’hui des centaines de personnes arrêtées, torturées ; des
disparus ; des blessés et des morts.

Oaxaca vit aujourd’hui les heures sombres qu’ont connues en leur temps d’autres
pays d’Amérique latine.
Mobilisons nous pour exprimer notre solidarité envers la lutte des peuples d’Oaxaca.

Nous exigeons, notamment,

  • la libération de tous les prisonniers et prionnières,
  • la réapparition, en vie, de tous les disparu(e)s,
  • le départ des forces de répression,
  • la démission des responsables politiques.

Communiqué du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène
Commandement général de l’armée zapatiste de libération Nationale du Mexique (EZLN)
Sous-commandant insurgé Marcos.
Mexique, 2 décembre 2006.

Au peuple mexicain,
Aux peuples du monde,

Frères et sœurs,

L’attaque dont a été victime notre peuple frère de l’Oaxaca ne peut être ignorée
par quiconque se bat pour la liberté, la justice et la démocratie dans le moindre recoin du globe.

C’est pourquoi l’EZLN appelle toutes les personnes honnêtes du Mexique et du
monde entier à manifester dès maintenant leur solidarité et leur soutien avec
le peuple de l’Oaxaca, et à exiger :

Que l’on présente vivants les disparus ; la libération des personnes
emprisonnées ; la destitution d’Ulises Ruiz et le départ des forces fédérales
de l’Oaxaca, et que les coupables des tortures, des viols et des meurtres
soient châtiés. En somme, rien moins que la liberté, la démocratie et la
justice pour le peuple d’Oaxaca.

Nous appelons les participants à cette campagne internationale à dire, de toutes
les manières et dans tous les endroits possibles, ce qui s’est passé et continue
de se passer dans l’Oaxaca, chacun à sa façon, en son temps et là où il se
trouve.

Nous appelons à culminer ces actions par une mobilisation mondiale pour l’Oaxaca
le 22 décembre 2006.

Le peuple de l’Oaxaca n’est pas seul. Il faut le dire et le démontrer. Le lui
démontrer et le démontrer à tout le monde.

Démocratie !
Liberté !
Justice !

Sous-commandant insurgé Marcos.
Mexique, 2 décembre 2006.

http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=411


APPEL DE L’ASSEMBLÉE POPULAIRE DES PEUPLES DE OAXACA
AU PEUPLE DE OAXACA
AUX PEUPLES DU MEXIQUE ET DU MONDE
AUX MÉDIAS DU MONDE ENTIER

après la répression du 25 novembre, à Oaxaca

Appel à la solidarité internationale de l’Assemblée Populaire du Peuple de
Oaxaca, qui rend compte de la répression dont la population en lutte de Oaxaca a
été victime, dans la journée de samedi 25 novembre.

[ndlr : la répression s’est encore agravée après le 1er décembre 2006, jour de
l’autoproclamation de Calderón, « président », issu de la fraude électorale du 2
juillet 2006.]

Suite aux agressions que notre peuple a subi au cours de ces dernières heures,
et dans le contexte du développement de notre lutte pour une transformation
profonde de la situation politique, économique, sociale et culturelle, dont le
but est d’en finir avec la situation ancestrale de misère et de faim à laquelle
nos peuples ont été soumis ;

Et suite à la journée de lutte d’hier, où l’APPO avait programmé une « 
méga-marche » de la Casa Oficial de Santa Maria Coyotepec jusqu’au centre
historique de la ville, pour y établir un encerclement pacifique de la Police
Fédérale Préventive (PFP), qui occupait la place centrale de la ville,
l’Assemblé Populaire des Peuples de Oaxaca affirme :

1) Qu’Ulises Ruiz Ortis, il y a quelques jours, a déclaré qu’il préparait une
opération afin d’obtenir le contrôle de la ville avant le 1er décembre ;

2) Que depuis plusieurs jours, la PFP, de concert avec divers corps policiers,
tueurs à gages, paramilitaires et casseurs à la solde d’Ulises Ruiz, a commencé
à se poster sur de nombreux toits du centre historique, sans la permission des
propriétaires, dans le but d’agresser notre mouvement ;

3) Qu’hier, après que la commission du Conseil Populaire des Peuples de Oaxaca a
parcouru les entrées des rues de la ville en vue de l’encerclement pacifique de
la PFP, les policiers, tueurs à gages et paramilitaires placés sur les toits de
plusieurs bâtiments ont commencé à tirer des billes et du gaz lacrymogène sur
nos camarades, avant le déclenchement d’une offensive générale de la PFP qui
s’est soldée par des arrestations massives et des affrontements au cours
desquels les paramilitaires, la PFP et d’autres corps policiers ont utilisé
leurs armes à feu contre les militants de l’APPO ;

4) Que face à cette offensive, les membres de l’APPO et le peuple en général ont
commencé à faire valoir leur droit de se défendre pour éviter un massacre en
utilisant des pierres, des bouts de bois, des pétards et tout autre objet
qu’ils pouvaient trouver, la majorité ne s’étant pas préparée à une telle
confrontation ;

5) Que d’après nos estimations provisoires, il y a 165 prisonniers politiques,
des dizaines de disparus, des centaines de blessés, ainsi qu’un nombre élevé
mais indéterminé de morts.

Dans ce contexte, l’Assemblée Populaire des peuples de Oaxaca :

  • condamne de toutes ses forces cette nouvelle agression policière contre notre
    peuple, qui s’inscrit dans notre histoire comme l’une des pires pages du
    fascisme ;
  • réaffirme qu’elle lutte pour une transformation sociale, politique et
    économique, pour le pouvoir populaire, pour la chute du tyran Ulises Ruiz -
    préalable au rétablissement de la paix et de la tranquillité à Oaxaca - et pour
    le retrait immédiat de la PFP, qui depuis son arrivé n’a servi qu’à aggraver la
    violence et l’ingouvernabilité à Oaxaca ;
  • répète que la lutte du Peuple de Oaxaca et de l’APPO est une lutte de masse,
    qu’elle a un caractère civil et pacifique, et que les incendies de plusieurs
    bâtiments de la ville n’ont pas été décidés par l’APPO ;
  • dénonce le transfert de plusieurs camarades, qui se trouvaient dans la prison
    de Miahuatlan de Porfirio Diaz, parmi lesquels les camarades Cesar Mateos
    Benitez et Jorge Sosa Campos.
  • déclare que la lutte du Peuple de Oaxaca pour la chute d’Ulizes Ruiz se
    poursuivra.

En conséquence, nous en appelons aux peuples du Mexique et du monde entier pour
qu’ils poursuivent leurs actions de solidarité avec le peuple de Oaxaca, pour
mettre un terme à la sanglante répression qui continue de s’abattre sur notre
peuple. Nous en appelons aux médias du monde entier, aux organisations
démocratiques et des droits humains, pour qu’ils se mobilisent afin de venir en
aide à cette ville, pour en finir avec les violations commises à l’encontre des
droits les plus élémentaires du peuple.

Tout le pouvoir au peuple !

ASSEMBLÉE POPULAIRE DES PEUPLES DE OAXACA
Ville de la Résistance, le 26 novembre 2006


S’informer

Quelques liens :


Biblio :

  • « Des morts qui dérangent » (« Muertos incomodos ») ;
    Paco Ignacio Taibo II - Sous-commandant Marcos ;
    Traduit de l’espagnol (Mexique) par René Solis
    Editions Payot & Rivages ;
    207 pages ; 17 euros
    A l’automne 2004, le sous-commandant Marcos envoit une lettre à son compatriote,
    le romancier Paco Ignacio Taibo II, pour lui proposer d’écrire à quatre main un
    roman policier qui aborderait l’histoire contemporaine de leur pays …
  • Don Durito de la foret de Lacandome.
    Paris La mauvaise graine. 2004
  • "Depuis les montagnes du sud-est du Mexique.
    Paris L’Esprit frappeur, 2001
  • Comtes Mayas, Paris, l’Esprit Frappeur, 2001,
  • Le rêve zapatiste,
    entretien avec Yvon le Bot, Paris, Seuil, 1997
  • YaBasta ! Paris, Dagorno, vol 1, 1994 ; vol. II 1996
  • « Marcos, la dignité rebelle » Ignacio Ramonet, Paris, Galilée, 2001
  • « La fragile armada, la marche des zapatistes » Jacques Blanc, Joani
    Hocquenghem, Yvon Le Bot et René Solis, Paris Métailié, 2001

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