RÉPONSE Des ÉLUS ACTIFS NON SIÉGEANTS aux CL qui se sont prononcés sur les élections de juin

Publié le mercredi  12 juillet 2006

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À ce jour, près de 50 comités locaux ont, sur des listes nationales d’Attac, apporté leur avis sur la situation actuelle. Quel que soit cet avis, nous nous réjouissons du fait que le débat ait pu débuter dans les comités locaux sur des évènements qui mettent gravement en danger Attac. Nous leur adressons une réponse, dont nous espérons qu’elle puisse être mise à la disposition des adhérents de ces comités.

La grande majorité des comités locaux qui se sont d’ores et déjà prononcés demandent de nouvelles élections, et pour beaucoup, l’établissement d’une direction provisoire.Plusieurs d’entre eux, par leurs propos, nous soutiennent dans notre décision de ne pas siéger. Nous sommes effectivement 20 élus sur 42 à refuser de siéger tant au CA qu’au bureau (seuls des représentants ont été envoyés, uniquement sur des points concernant les élections), et ce depuis le 17 Juin.

Quelques-uns regrettent aussi notre décision. Nous souhaitons ici exprimer un peu plus nos raisons.

Nous avons été candidat(e)s pour pouvoir participer pleinement au CA, nous nous y sommes préparé(e)s. La situation actuelle ne nous enchante guère. La décision de ne pas siéger a été difficile à prendre, difficile à vivre également face aux espoirs que nous avons placés dans Attac et aux incompréhensions qui ont pu naître. Mais que faire ? Pouvons-nous accepter de siéger sans nous poser de questions dans un CA entaché de soupçon de fraude ? Pouvons-nous fermer les yeux sur des doutes (devenus certitudes pour beaucoup) qui remettent en cause complètement les principes de l’association ? Nous avons adhéré à Attac parce que nous voulions faire de la politique autrement. Tant que la lumière ne sera pas faite sur le scrutin, notre éthique, notre idée d’Attac nous empêchent de considérer ce CA comme légitime. Nous voulons avoir les garanties suffisantes que l’instance dans laquelle nous avons souhaité siéger est bien représentative du vote des adhérents.

Un autre reproche est apparu, celui selon lequel nous avons par notre comportement accentué la logique de clan. Pour autant, nous ne pensons pas appartenir à une tendance. Jamais nous n’avons eu l’impression de nous ranger derrière des leaders : notre décision de ne pas siéger tient au fait de refuser l’inacceptable. Oui, nous aurions aimé pouvoir dès le 17 Juin partager nos diverses compétences dans un CA mélangeant des personnalités de différents horizons. Mais cela nous a été refusé par des conditions de dépouillement catastrophiques et, à présent, un terrible soupçon de fraude.

Il nous a été reproché de nous être exprimés devant la presse et non pas devant les instances légitimes. A cela nous répondons que nous ne nous sommes pas exprimés devant la presse, mais devant l’instance qui nous semblait la plus légitime, l’Assemblée générale ! Quant à la commission électorale, elle a accepté de laisser des enveloppes dépouillées et non enregistrées dans un local pendant plusieurs nuits, "protégées" seulement par une porte fermant avec une clef des plus banales.. Elle a été mise au courant des premières anomalies que montraient les résultats intermédiaires. Mais elle a continué le processus de dépouillement. Dès lors, l’AG nous est apparue l’instance la plus légitime devant laquelle porter nos doutes.

Il nous est également reproché de ne pas recourir dès maintenant à la justice : un tel recours signifierait que nous sommes incapables de démêler ensemble ce qui vient de se passer. Il signifierait aussi que la justice viendrait fouiller nos locaux. Il signifierait finalement que nous sommes prêts à la rupture, ce que nous refusons encore de penser. Enfin, soyons clairs, les délais seraient longs, assez longs sûrement pour finir de décourager beaucoup de militants. Ce recours en justice serait notre dernier recours…mais un recours qui pèserait très lourd pour la suite.

Pour finir, bien évidemment, nous continuons notre travail militant, dans nos CL, les commissions nationales, pour l’Université d’été. Et œuvrons pour que la commission d’enquête et la commission électorale mènent leur travail.. Seuls à ce jour le CA (et le bureau élu dans la précipitation) ne nous apparaissent pas légitimes : les chiffres des dépouillements, confirmés par les tableaux de recomptage diffusés par Jacques Nikonoff, indiquent une anomalie qui laisse planer plus fortement le doute. Et malgré un accord de principe de ceux qui détiennent aujourd’hui le pouvoir de décider, aucune date n’a encore été fixée pour de nouvelles élections. Nous réaffirmons donc nos trois revendications principales :

  • la commission d’enquête indépendante, qui s’est mise au travail, doit avoir une date pour la remise des résultats. Ceci n’a toujours pas été fait.
  • de nouvelles élections, dont le déroulement serait irréprochable, et dont la date doit être annoncée rapidement. Elles devraient avoir lieu au plus tard fin octobre pour qu’Attac soit dans les meilleures dispositions pour entamer 2007. Cette date permettrait également de mener des débats sur la situation, en septembre et octobre, dans les comités locaux. Enfin, nous refusons un chamboulement des procédures de réélections, qui pourrait permettre à certains de les instrumentaliser.
  • une direction provisoire en attendant ces échéances, qui ne soit pas acquise à un clan.

Nous croyons qu’Attac peut sortir de cette crise. Nous pensons qu’elle peut continuer à jouer un rôle important dans le mouvement altermondialiste. Nous pensons qu’elle peut toujours être un lieu pour faire de la politique autrement. Mais nous devons nous en donner les moyens, rapidement.

Geneviève Azam, Christelle Baunez, Chloë Bénéteau, Jean-Marie Harribey, Isabelle Mercier, Lysiane Rollet, Aurélie Trouvé, Cécile Verdin, Bénédicte Veilhan.


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